la latérite comme objectif

Bio Express :


Bruno Laborde, né le 15 Avril 1966 à St Maur des Fossés (94) - Copilote / O+

Directeur du Budget et du Contrôle de Gestion Adjoint - SODECI - Abidjan - Côte d'Ivoire

Bruno est depuis plusieurs saisons le Copilote de Jean Louis, il a 2 titres de Champion de Côte d'Ivoire (titre Copilote) à son compteur et ne ménage pas ses efforts pour en conquérir d'autres sur cette latérite qu'il affectionne tout particulièrement. Adore la logistique et la communication relatives au Rallye et ne se gêne pas pour y apporter sa touche perso ! Electron libre du Team depuis Juin 2005, il revient par intermittence chercher ses petits camarades et courir après ce satané chrono !! Méticuleux et perfectionniste en diable aime par dessus tout : le calme avant la tempête qui règne dans l'habitacle avant de tourner le Peltor sur On et de déchaîner les enfers !!!

Petit Quizz Perso (PQP) :

J'AIME : "l'Adrénaline, les Challenges, le goût particulier de la Victoire"

J'AIME PAS : "la Suffisance, le manque de Fair Play et l'Intolérance"

MES SPORTS : "Funboard (Slalom), Ski et, incontournable, le Rallye !!!"

MES REFERENCES EN SPORT : "Ari Vatanen pour ses passages de folie et sa carrière si complète, Daniel Elena pour la simplicité, le calme olympien et le boulot si professionnel qu'il offre à Sebastien Loeb, Jean todt pour sa carrière monstrueuse de talent et de réussite !!!"

CE QUE JE RECHERCHE : "l'osmose parfaite, la douce musique des notes qui tombent juste et de la voiture qui se place là où elle doit, tout cela est conditionné par un simple clic, celui qui libère le Peltor, s'installe alors un silence démoniaque, plein de concentration et d'appréhension, ce calme qui précède le début de la première spéciale et les premières notes qui déchaînent les enfers sur la piste !!!"

LA MUSIQUE QUE J'ECOUTE EN CE MOMENT : "Robbie Williams, James Blunt, entre autres"

MES MEILLEURS SOUVENIRS EN RALLYE : "la première victoire au Rallye de Gagnoa avec la Galant, aboutissement de longs mois de travail avec toute l'équipe et Jean Louis, plus qu'un soulagement, un réel aboutissement, le dernier ASACCI en 2005 avec l'Evo 6, dernier Rallye avec celle qui nous a donné tant de bonheur et de moments privilégiés et retrouvailles tant attendues avec mon pilote et mon team, Ouattara, Marc et Cherif"

Réflexions entre deux spéciales...

Nous avons souvent eu avec Jean Louis cette discussion de savoir ce que l'un ou l'autre d'entre nous deux ferait s'il était à sa (celle de l'autre) place. Et croyez le si vous le voulez, nous sommes entièrement d'accord !!! Pour Jean Louis, hors de question de passer à droite (du moins de manière consciente) et d'annoncer tranquillement des notes, pour moi, c'est la même chose, pas du tout envie de passer à gauche derrière ce satané volant !

A cela plusieurs explications, d'abord le tempérament de chacun, le pilote, explosif en diable, le copi organisé jusqu'au bout des notes, ensuite le sentiment de remplir parfaitement (ou du moins de tendre vers cette perfection) son rôle et donc d'être essentiel à l'alchimie qui règne à bord, enfin, la conscience que commencer à juger la qualité du travail de l'autre peut éventuellement nuire à cet équilibre, quand un copi commence à se dire "là, moi je serais passé plus fort !" c'est déjà le début de la fin pour l'équipage, la tentation pourrait être grande pour le copi de sur-annoncer ou sur-noter à la place de son pilote et ce dernier risquerait alors de se sentir dépassé par le rythme ou les évènements, tentant alors de compenser en imprimant un faux rythme.

Il ne faut donc pas se mentir, tout ceci n'est avant tout qu'une question de confiance, même s'il est vrai que le rôle de copilote est particulièrement ingrat par moment, il n'en reste pas moins essentiel, ce sont eux, qui, à tout moment, sont les yeux, la tête et la mémoire des pilotes.

Las, on retient les noms des Makkinen, Gronholm, Mac Rae, Burns, Loeb, Solberg mais qui connaît réellement Mills, Elena, Rautiainen, Grist, Reid, qui sait réellement mettre un visage sur ces noms, qui connaît leur parcours, leurs victoires, leurs échecs ? Qui se rappellera que sans un certain Todt, Fréquelin n'aurait pas connu un tel parcours et ne mènerait pas aujourd'hui avec brio un Loeb et un Eléna vers le panthéon du rallye !

Sans eux que seraient ces chevaliers modernes, aveugles, perdus, lents et bien loin de leur aura et légende quotidienne. Fort heureusement la plupart de ces couples sont unis et en osmose telle que la confiance en l'autre en est souvent aveugle, l'adrénaline qui nous unit alors est intense, unique, violente, la satisfaction du travail bien fait, de l'exploit accompli. Dans l'échec, cette union est au moins aussi forte, chacun essayant de réconforter l'autre, de l'aider à digérer cela.

Malheureusement une fois arrivés à l'assistance ou au parc, la presse, le public, les fans n'ont plus d'yeux que pour "le" chevalier, celui qui a su au volant de son bolide dompter les obstacles et ses adversaires, ces deux là savent alors ce qu'il leur en a coûté pour arriver là et quelques regards sont alors suffisants pour se rassurer sur le fait que l'on sait très bien que l'on était deux à bord à faire le boulot !

Alors, qu'est-ce qui pousse ces funambules modernes à se vouer allégeance et, ensemble, mettre en jeu leur vie, pour le meilleur et le pire ?

Qu'est-ce qui peut pousser à mettre entre les mains d'un autre sa vie ? qu'est-ce qui justifie de s'investir aveuglément, au point de rester calmement assis à côté d'un gars en transes à plus de 100 Km/h sur des routes sinueuses et piégeuses; comment appuyer bêtement sur un accélérateur dans un virage en aveugle, juste parce que le gars à côté de vous vous dit de le faire ?

La gloire ? la reconnaissance ?, l'argent ? non, rien de tout cela Dieu merci, cela en deviendrait beaucoup trop dangereux, non, plus sûrement il s'agit de l'adrénaline, de ces moments magiques d'extase et de bonheur partagés; cette plénitude lorsque le véhicule est placé là où on l'avait décidé et que tout fonctionne parfaitement. Dans ces instants, trop rares, plus rien d'autre n'existe en dehors du cockpit, le seul univers est celui qui relie ces deux hommes par le biais de leur intercom, chaque souffle, chaque respiration, chaque silence est alors aussi important que la moindre des notes et la fusion opère.

Ainsi donc, il ne suffit pas d'être doué, rapide et de posséder un véhicule au top, non, tout ceci n'est qu'arithmétique et ne peut fonctionner sans l'alchimie subtile et fragile de la relation humaine (avec ce qu'elle comporte de faiblesses, de doutes, d'hésitations et de passion !). Plus de tricherie possible, chacun doit déposer dans la corbeille de la dot tout ce qu'il a et se mettre à nu devant l'autre, il en va ainsi que sans cette exhibition il n'y aura de compréhension de l'autre, d'acceptation. Sans cela pas d'anticipation, pas possible d'être l'autre et de sentir ou de savoir ce qu'il va falloir mettre en oeuvre, encore et encore pour conserver cet équilibre et ainsi prolonger cet état de plénitude partagée.

Au début de ce sport (dans les années 50), le copilote (l'équipier) était bien souvent le mécanicien, celui grâce auquel le pilote savait que l'on irait au bout, ses connaissances mécaniques le mettant souvent à l'abri d'un bête abandon. Puis les tracés dont devenus plus techniques, sinueux et le copi est devenu navigateur, mémoire du parcours et de ses errances; dans les années 60 le Rallye est devenu une épreuve de vitesse et le chronomètre a commencé à dicter sa loi, l'équipage est devenu une entité à part entièrement dédié à la performance pure, le travail à deux et la fusion ont commencé ce jour là.

Le pilote, lui, a le profil du sprinter, son explosivité, sa puissance, la vitesse est son crédo, sa raison d'être, son mental doit être fort, en effet, la moindre "touchette", la moindre note annoncée un poil trop tard et voilà l'ensemble de l'échaffaudage qui est ébranlé, et pourtant jusqu'au denier Km tout peut arriver, alors il faut relancer la machine, se remettre dedans et notre pilote doit se remettre en selle, encore et encore...

En plus de cela il doit intégrer une sensibilité tout autre, un ressenti, une écoute particulières car aujourd'hui gagner nécessite d'analyser, d'anticiper, et il doit en fin metteur au point être à l'écoute de son engin, de sa mécanique, il doit la connaître et l'aimer, se sentir à l'aise avec elle faute de quoi lui et son équipier partageront ces doutes et ces interrogations, les secondes peuvent alors s'envoler très vite.

Le copilote, lui, oeuvre dans l'ombre, ils ne font qu'un et pourtant ils sont tellement différents. il analyse, prépare, planifie, couché tard, levé tôt il bichonne son pur sang de pilote. Il doit tout mettre en oeuvre pour que cette superbe bête à gagner soit dans des dipositions optimales pour gagner. mais rassurez vous il vaut mieux que cela (il n'est pas qu'au service du pilote), il a un rôle réel à jouer dans la construction de toute victoire. Véritable chef d'orchestre, il va devoir dérouler la partition parfaite pour que la spéciale ne soit plus qu'un endroit très familier que l'on a l'impression de connaître sur le bout des doigts ! Tout aura dû être vérifié répété et anticipé pour otimiser les performances de l'équipages, les notes, les temps de pointage, le parcours, les écarts avec les concurrents, la santé mécanique du bolide (nombre de manos sont là, juste en face de lui) et les imprévus sont le lot quotidien du baquet de droite, nulle frustration, nulle amertume, non, la satisfaction du travail parfait et de l'osmose réalisée.

Pour arriver à cela il aura fallu beaucoup d'intimité, de complicité, du temps passé à construire ce "couple", à apprendre à connaître l'autre, à connaître parfaitement son rôle et ses limites, cette communion devant rapidement les mener vers "l'invincibilité", en tous cas vers les sommets des classements.

La concentration nécessaire aux deux équipiers sera complétée par la gestion du stress, la création d'une "ambiance" propice à l'excellence, tout ceci sera laissé à l'appréciation du copilote, à lui de savamment doser tous ces ingrédients pour rendre la victoire accessible, le pilote devient alors, en spéciale, un instrument du copilote, le patron à bord dès le podium de départ quitté est à droite et le sera jusqu'à l'arrivée; alors seulement le pilote pourra récolter les lauriers (mérités) de la victoire.

Mais ne vous y trompez pas, seule cette confiance aveugle l'un en l'autre et ce respect mutuel nous permet de surmonter les affres des échecs, nous rend plus forts et déterminés; et grâce à cela nous amènera à connaître la joie indescriptible de la victoire partagée !!!

Arriver à cela, c'est une plénitude telle que ces instants deviennent essentiels, on devient alors véritablement accro à cette décharge d'adrénaline et ces moments deviennent magiques !!!

La recette pour 3 titres de Champion de Côte d’Ivoire des Rallyes ? Vaste sujet en fait tant l’on pourrait tergiverser à l’envi sur le travail, la cohésion, les sponsors, les talents du pilote, le rôle du copilote, la préparation…

En fait, pour nous (en dehors du Pilote et du Copilote) la recette se résume en un mot, l’équipe. Cette équipe se réduit à 3 éléments (comme nos si chers trois diamants), trois éléments qui au même titre que l’air, l’eau et le feu sont aussi complémentaires que semblables, aussi soudés qu’autonomes, aussi passionnés que concentrés.

Ces trois éléments ont connu avec nous les déboires et galères des premières années, les casses, les abandons, les nuits entières passées à réparer ou dépanner, ensemble, ils se sont construit un mental, une synergie, une force qui nous a tirés jour après jour vers le haut, véritables moteurs du Team, ils ont toujours cru en nous et en notre réussite, même lorsque nous, nous doutions. La passion a été leur carburant, leur adrénaline, aujourd’hui et demain, nos victoires sont leur récompense. Merci à eux pour leur soutien et le magnifique travail, effectué dans des conditions parfois inconfortables et toujours dans des formats temps réduits. Nous prenons beaucoup de plaisir dans la voiture grâce à eux, nous avons confiance dans leur analyse et leur travail, c’est un minimum vital à bord de la voiture.

Cette 3ème année victorieuse est encore plus la leur, je n’ai à mon grand regret pas pu les épauler beaucoup, ils ont assumé la transition et j’ai pu arriver au dernier moment et me sentir à nouveau « bien » dans mon baquet.

Autant il est vrai que mon pilote est un peu de moi à bord, autant il est vrai qu’ils sont notre confiance, nos joies et nos premiers fans, ils sont en première ligne face à nos adversaires, ils sont de la trempe de ceux qui vous emmènent sur la plus haute marche, Merci donc à Ouattara Nayedanhoro (Chef dAtelier central Motors), Marc N’Guessan (Mécano Central Motors), Cherif Anliou (Eléctricien Central Motors), merci encore à tous les trois et au travers de vous à tous ceux qui au sein de Central Motors quotidiennement font avancer la marque aux trois diamants, avec fierté et professionnalisme.

Maintenant, que vous dire d'autre sinon qu'il s'agit d'un formidable travail d'équipe, qui commence dès l'entretien de la voiture, se poursuit par la préparation, les recos et s'achève parfois par la victoire,

alors, oui, chacun apporte sa pierre à l'édifice, mais in fine, croyez moi c'est le pilote la pierre précieuse de cet amalgame si particulier !!!

Et après tout, personne ne s'en plaint vraiment, chacun sachant très exactement au sein du Team ce en quoi il a contribué à cette réussite !!!

A Jean Louis, Soum, Phillipe, Cherif, Marc et Ouattara et à tous ceux qui dans l'ombre aussi nous aident à vivre ces moments...

Bruno.